LE PRIX DE L'ESSENCE, MIROIR DE NOS EXCES #30

Il est des guerres que l’on croit lointaines. Des conflits que l’on observe à travers les écrans, entre deux journaux télévisés, comme s’ils appartenaient à un autre monde.

Pourtant, les conflits qui secouent aujourd’hui le Moyen-Orient s’invitent dans nos vies, dans nos factures, dans nos choix quotidiens, dans cette angoisse diffuse qui gagne du terrain à mesure que les crises s’accumulent.

Car derrière ces tensions géopolitiques se jouent des rapports de force entre grandes puissances, des stratégies d’influence, des intérêts énergétiques majeurs. Le pétrole, le gaz, les routes commerciales : autant de leviers qui, lorsqu’ils vacillent, font immédiatement trembler nos économies.

La France n’est pas isolée du monde. Elle en subit les chocs, parfois avec plus de violence que d’autres, car elle a fait le choix d’une fiscalité lourde et d’un empilement de normes qui amplifient chaque crise au lieu de l’amortir. Lorsque le baril augmente, ce ne sont pas seulement les marchés qui parlent, ce sont aussi nos propres rigidités qui aggravent la situation.

Le carburant en France est l’un des plus taxés d’Europe. Une part considérable du prix payé à la pompe ne correspond ni au coût du pétrole ni à celui du raffinage mais à des prélèvements et à des dispositifs parafiscaux.

Parmi eux figurent les certificats d’économies d’énergie. Peu connus du grand public, ils représentent pourtant un poids important avec en environ 17 centimes par litre de carburant. Cet argent ne finance pas directement le budget de l’État mais alimente des politiques de soutien à la transition énergétique notamment la rénovation des logements.

L’intention peut être louable. Mais dans un contexte de tension extrême sur le pouvoir d’achat, peut-on décemment ignorer son impact immédiat sur des millions de Français qui n’ont pas d’alternative à leur voiture pour travailler, se soigner ou tout simplement vivre ?

David Lisnard, Maire de Cannes et candidat déclaré à l’élection présidentielle, défend ainsi une proposition simple, pragmatique et immédiatement applicable : le gel temporaire de ces certificats.

Une mesure temporaire, ciblée et proportionnée qui permettrait de réduire immédiatement le prix du carburant d’environ 17 centimes par litre. Pour un plein de 50 litres, cela représente près de 8,50 euros d’économies.

Cette solution présente un avantage précieux en ces temps contraints. Elle ne coûte rien aux finances publiques. Elle ne creuse pas la dette. Elle ne repose pas sur un hypothétique financement futur. Elle consiste simplement à suspendre un mécanisme dont le poids devient insoutenable dans le contexte actuel. Elle est d’ailleurs soutenue par plusieurs acteurs du secteur dont Michel Édouard Leclerc, Président du comité stratégique des centres E.Leclerc.

Face à cela, quelle est la réponse de l’État ? Plutôt que d’agir sur ce levier direct et efficace, il choisit de désigner des coupables. Les distributeurs sont pointés du doigt, leurs marges suspectées, leur liberté encadrée. Cette stratégie est non seulement inefficace mais elle est profondément injuste. Elle entretient l’idée que la hausse des prix serait le fruit d’une spéculation ou d’un abus alors qu’elle résulte d’abord de facteurs internationaux et de choix qui nous sont propres. Elle affaiblit un peu plus la confiance et porte atteinte à la liberté d’entreprendre qui devrait pourtant être l’un des piliers de notre prospérité.

Ce malaise s’inscrit dans un contexte plus large.

La France traverse une crise profonde, économique, sociale et politique. Fut un temps, la réponse publique a été résumée par une formule devenue célèbre à ses dépens : le « quoi qu’il en coûte ».

Cette période est révolue. Non pas parce que les besoins ont disparu mais parce que les marges de manœuvre se sont évaporées. La dette publique a explosé, les déficits se sont installés et l’État semble désormais incapable de répondre à cette colère froide qui monte chaque jour encore davantage.

Cette colère n’est pas irrationnelle. Elle est le produit d’un système qui prélève toujours plus sans jamais donner le sentiment d’un retour à la hauteur des efforts consentis. En 2026, la France demeure l’un des pays les plus taxés au monde. Environ 1 350 milliards d’euros de prélèvements obligatoires soit près de 44% du PIB. C’est le ratio le plus élevé de l’OCDE.

Cette logique a des conséquences profondes. Elle réduit la liberté de chacun de disposer du fruit de son travail. Elle freine l’investissement, décourage l’initiative, complexifie la vie quotidienne. Elle crée une dépendance qui fragilise au lieu de protéger. Elle transforme l’État en arbitre omniprésent là où il devrait être un facilitateur.

À cela s’ajoute une inflation normative qui étouffe progressivement le pays. Décrets, règlements, contraintes administratives s’accumulent à un rythme tel qu’ils deviennent illisibles. Chaque problème appelle une nouvelle règle, chaque crise une nouvelle contrainte. Le résultat est un système rigide, lent, incapable de s’adapter.

Le recul du gouvernement sur la question du 1er mai travaillé illustre parfaitement cette dérive. Laisser entrevoir plus de souplesse pour ceux qui souhaitent travailler puis se rétracter face aux pressions révèle un pouvoir qui hésite, qui navigue à vue, incapable d’assumer des décisions pourtant simples.

Ce flottement traduit surtout une incapacité à trancher clairement entre deux visions : celle d’un pays figé dans ses interdits et celle d’une nation qui fait confiance à la responsabilité individuelle.

La France n’est pas condamnée au déclin. Elle dispose d’atouts considérables, d’une capacité d’innovation, d’une énergie entrepreneuriale qui ne demandent qu’à s’exprimer. Mais cela suppose un changement de cap. Un choix clair. Celui de la liberté plutôt que de la contrainte. Celui de la responsabilité plutôt que de l’assistanat. Celui du courage plutôt que de l’hésitation.

Le monde est instable, les crises se multiplient, et nous ne maîtrisons pas tout. Mais ce que nous pouvons maîtriser, en revanche, ce sont nos propres choix. Et aujourd’hui, ces choix doivent être à la hauteur des défis.

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La crise du logement en France est une problématique complexe qui nécessite une approche globale et des mesures concrètes. La réponse de l’Etat n’est aujourd’hui pas suffisante et les mesures annoncées jusqu’à présent montrent que le secteur n’a été entendu ni sur la crise du logement neuf ni sur les besoins en matière de rénovation énergétique. Plus que jamais, il faut revenir à ce qui marche : simplifier, décentraliser et déconcentrer la mise en œuvre des politiques du logement. Il faut un État stratège, un État qui fasse confiance aux élus locaux, tout à fait en capacité de se doter d’outils de diagnostic et de planification en fonction des besoins de leurs territoires.

Crise du logement

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